👤 PandaWorld Order — la revanche des lions de la Sibérie et le pouvoir de la corruption chinoise
Quatre joueurs autour de la table, chacun à la tête d'une superpuissance : PM aux commandes de l'UE, Sioban à la Chine, Kori à la Russie et moi aux États-Unis. Trente minutes de règles, cinq heures de partie. Et une malédiction bien connue de la maison qui a encore frappé : le _teacher-looser_. J'ai teach… et j'ai fini bon dernier. La tradition est sauve.
Les premiers tours ont été un joyeux brouillard collectif — tout le monde un peu paumé, Kori clairement fatigué, semblait décrocher à ma plus grande inquiétude. Puis les tours passant, les stratégies se sont dessinées, le flow du jeu s'est installé, et on a vu Kori se remettre en selle tour après tour, commencer m'a-t-il sembler à s'amuser, jusqu'à devenir un vrai danger. La partie s'est jouée dans un mouchoir de poche : PM a caracolé en tête quasiment tout du long, avant de se faire coiffer sur le fil. Sioban l'emporte, devant Kori et PM, la décision se faisant sur les points d'influence, les chars russes disséminés dans leur sphère d'influence, et les investissements chinois éparpillés aux quatre coins des régions. Le bloc sino-communiste à niqué l'aigle de la liberté....
Côté RP, ça envoyait du lourd. Les Russes ont planté des tanks absolument partout — au point de tomber en rupture de meeples, obligeant à ressortir les lions du Botswana en renfort blindé. La Chine a produit et vendu en masse, submergeant les marchés. L'UE faisait de la diplomatie à balle, semant de l'influence dans toutes les régions. Et moi, fidèle à l'esprit américain, j'ai tenté d'apporter la démocratie en Afghanistan et scellé une alliance avec Israël. Jouer les USA, c'est une position forte : pas d'agression possible avec l'UE (OTAN oblige), ce qui sécurise un flanc, mais une présence obligatoire sur tous les fronts sous peine de perdre des points de victoire. On sent la pression en permanence, il faut surveiller chaque région et venir s'y insérer.
C'est un jeu redoutablement malin. Tout compte, on ne peut négliger aucun aspect, et les puissances sont profondément asymétriques tout en partageant les mêmes mécaniques de base. 4 actions par round, ca fait pas beaucoup, les bonus des cartes pour la phase de recherche c'est aussi important. J'ai bien aimé le fait que les cartes récemment acquises sont mises en top deck, donc on est sûr de les avoir en main au prochain tour. Les différentes puissances sont bien typées, avec leurs forces et faiblesses. Les Russes, par exemple, produisent des matières premières en masse et renflouent facilement leurs caisses en les revendant — mais galèrent à produire des ressources secondaires… sauf des tanks, évidemment. Chaque nation a sa propre logique, sa propre tension.
Le matériel et le design dans le pure style Hegemonic project. Les illustrations sont sobres et bien faîtes, l'iconographie est simple et lisible et le board noir! On peut aimer ou pas, moi j'aime l'élégance et la simplicité de leur design. Les aides de jeu, comme Hegemony, excellentes. Le livret de règles est très bien rédigé, mais je recommande quand même la vidéo de Peakyboardgamer pour le teach. Le setup et teardown sont assez rapide et assez simple. L'insert fait le.job, assez de place pour les cartes sleevées et l'extension
Bilan : long, oui, mais je n'ai pas vu le temps passer. Même sensation que sur Hegemony. J'ai adoré, et je crois que tout le monde s'est bien amusé. Pour moi, ça reste un peu en dessous d'Hegemony, mais c'est un "Panda essential", 9.75/10 et un potentiel de monter, totalement ma came de jeu. Vivement la 2ème partie.